Article 238 bis du Code général des impôts : tout comprendre sur le mécénat d’entreprise et la réduction d’impôt
L’article 238 bis du Code général des impôts est le pilier du mécénat d’entreprise en France. Modifié en 2025, il permet aux sociétés de bénéficier d’une réduction d’impôt allant jusqu’à 60 % pour leurs dons, qu’ils soient financiers, en nature ou en compétences. Ce guide complet vous aide à comprendre ses règles, ses avantages et son impact sur le financement de la culture, des galeries et des artistes.
Chaque année, de plus en plus d’entreprises s’intéressent au mécénat comme levier de communication, de responsabilité sociale et… d’optimisation fiscale. Depuis février 2025, la loi française a renforcé et précisé ce cadre à travers une modification de l’article 238 bis du Code général des impôts.
Ce texte clé organise les règles permettant aux entreprises, qu’elles soient soumises à l’impôt sur le revenu (IR) ou à l’impôt sur les sociétés (IS), de bénéficier de réductions fiscales en contrepartie de dons effectués à des organismes d’intérêt général.
Culture, éducation, environnement, recherche, solidarité : le champ est large et ouvre des perspectives passionnantes, notamment pour le secteur artistique et culturel. Mais comment cela fonctionne-t-il exactement ? Quels organismes sont éligibles ? Quelles conditions faut-il respecter ? Et surtout : quels avantages pour les entreprises mécènes comme pour les acteurs de l’art ?
Dans cet article, nous allons décortiquer le dispositif de l’article 238 bis CGI, le rendre lisible et concret, et explorer ses implications pour les artistes, galeries et collectionneurs qui évoluent dans l’écosystème InRealArt.
Les 5 points clés à retenir
- Les entreprises qui effectuent des dons à des organismes d’intérêt général (culturels, sociaux, éducatifs, environnementaux, etc.) peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt jusqu’à 60 %.
- Le plafond est fixé à 20 000 € ou 5 ‰ du chiffre d’affaires, avec possibilité de reporter l’excédent sur 5 exercices.
- Les dons peuvent être en numéraire (argent), en nature (mise à disposition de salariés, biens, prestations), ou même sous forme de mécénat de compétences.
- Les organismes bénéficiaires doivent avoir une gestion désintéressée et poursuivre une mission d’intérêt général clairement définie.
- Le dispositif est particulièrement favorable au mécénat culturel et artistique, ce qui en fait un levier puissant pour soutenir la création et la diffusion de l’art.
Sommaire
- Qu’est-ce que l’Article 238 bis CGI ?
- Quels dons ouvrent droit à la réduction d’impôt ?
- Comment fonctionne la réduction d’impôt pour les entreprises ?
- Les obligations déclaratives à respecter
- Opportunités pour le secteur de l’art et de la culture
- Avantages pour les entreprises mécènes
- Limites et points de vigilance
- FAQ sur l’article 238 bis du CGI
- Conclusion : un dispositif gagnant-gagnant pour entreprises et culture
1. Qu’est-ce que l’Article 238 bis CGI ?
L’article 238 bis du Code général des impôts, tel que modifié par la loi n°2025-127 du 14 février 2025, établit le cadre juridique du mécénat d’entreprise. Il définit :
- Les organismes éligibles (associations, fondations, établissements publics, musées, etc.),
- Les types de dons acceptés (argent, dons en nature, mécénat de compétences),
- Les taux de réduction fiscale applicables,
- Les plafonds et conditions pour bénéficier de l’avantage.
👉 En clair, c’est le texte de référence qui permet de comprendre comment une entreprise peut transformer un don en avantage fiscal tout en contribuant à une cause d’intérêt général.
2. Quels dons ouvrent droit à la réduction d’impôt ?
a) Les dons en numéraire
Il s’agit des versements d’argent directement effectués par l’entreprise à un organisme éligible : association culturelle, fondation, musée de France, université, établissement d’enseignement artistique…
Exemple : une entreprise de luxe qui verse 100 000 € à une fondation pour la restauration d’un monument historique pourra bénéficier d’une réduction d’impôt pouvant aller jusqu’à 60 000 €.
b) Les dons en nature
L’entreprise peut aussi offrir :
- Du matériel (instruments de musique, équipements informatiques, œuvres d’art destinées à une exposition),
- Des prestations de services (mise à disposition gratuite d’un local, d’un logiciel, etc.),
- La mise à disposition de salariés (ex. : un expert-comptable prêté pour accompagner une association culturelle).
👉 Ces dons sont valorisés au coût de revient, c’est-à-dire ce qu’ils ont réellement coûté à l’entreprise.
c) Les dons spécifiques au secteur culturel
Le texte prévoit des cas particuliers :
- Soutien à la Fondation du patrimoine,
- Participation au financement de musées de France ou d’expositions d’art contemporain,
- Contribution à des projets de recherche scientifique et artistique.
Ces mesures font du mécénat un outil puissant pour soutenir directement la création et la diffusion culturelle.
3. Comment fonctionne la réduction d’impôt pour les entreprises ?
a) Le taux de réduction
- 40 % pour la fraction au-delà de 2 millions €.
- 60 % de réduction d’impôt pour la fraction des dons inférieure ou égale à 2 millions €.
- Exception : certains dons humanitaires bénéficient toujours de 60 % quel que soit le montant.
b) Le plafond
- 20 000 € ou 5 ‰ du chiffre d’affaires, le montant le plus élevé étant retenu.
- Exemple : une PME avec un CA de 10 M€ peut déduire jusqu’à 50 000 € de dons.
c) Le report possible
Si une entreprise dépasse le plafond, l’excédent peut être reporté sur 5 exercices fiscaux suivants.
4. Les obligations déclaratives à respecter
Pour bénéficier de l’avantage, les entreprises doivent respecter des obligations strictes :
- Justificatifs : l’entreprise doit conserver les attestations fournies par l’organisme bénéficiaire, prouvant la nature et le montant du don.
- Déclaration électronique : tout don supérieur à 10 000 € doit être déclaré avec l’identité du bénéficiaire, le montant et la date.
- Transparence : en cas de contrôle fiscal, l’entreprise doit être capable de prouver l’usage réel du don.
5. Opportunités pour le secteur de l’art et de la culture
L’article 238 bis CGI est une véritable bouffée d’oxygène pour le monde de l’art.
a) Pour les artistes
Le mécénat permet de financer :
- Des résidences artistiques,
- La production d’œuvres,
- La diffusion et la visibilité internationale.
b) Pour les galeries
Elles peuvent solliciter des entreprises mécènes pour :
- Organiser des expositions,
- Soutenir des jeunes talents,
- Investir dans la numérisation et l’accessibilité des œuvres.
c) Pour le patrimoine
Les dons à la Fondation du patrimoine permettent de restaurer et préserver monuments et lieux culturels.
6. Avantages pour les entreprises mécènes
Pourquoi une entreprise ferait-elle un don plutôt qu’un simple investissement marketing ?
- Avantage fiscal immédiat : réduction d’impôt attractive.
- Valorisation de l’image : associer sa marque à l’art et la culture renforce la notoriété.
- Ancrage territorial : soutenir une galerie ou un festival local crée du lien avec le public.
- RSE et engagement sociétal : mécénat culturel = preuve d’un engagement concret.
7. Limites et points de vigilance
- Non-déductibilité du bénéfice imposable : attention, le don ouvre droit à réduction mais ne peut pas être comptabilisé comme une charge déductible.
- Encadrement strict : seuls les organismes d’intérêt général sont éligibles, pas les structures à but lucratif.
- Risque d’abus : l’administration fiscale reste vigilante sur les contreparties, qui doivent rester symboliques.
8. FAQ sur l’article 238 bis du CGI
Qui peut bénéficier de la réduction d’impôt ?
Toutes les entreprises soumises à l’IR ou l’IS, quelle que soit leur taille.
Quels dons sont éligibles ?
Les dons en argent, en nature (biens, services, mise à disposition de personnel) et les dons spécifiques au secteur culturel et patrimonial.
Quelle différence entre mécénat et sponsoring ?
Le mécénat implique une contrepartie symbolique, alors que le sponsoring est une dépense marketing avec contrepartie commerciale.
Une galerie peut-elle bénéficier de dons ?
Oui, si elle est structurée en association d’intérêt général et respecte les critères de gestion désintéressée.
Que se passe-t-il en cas de dépassement du plafond ?
L’excédent peut être reporté sur les 5 exercices fiscaux suivants.
9. Conclusion : un dispositif gagnant-gagnant
L’article 238 bis du CGI n’est pas qu’un simple texte fiscal : c’est une porte d’entrée stratégique pour connecter entreprises et culture.
Pour les entreprises, il s’agit d’un outil de défiscalisation attractif qui permet aussi de renforcer leur image et leur ancrage sociétal.
Pour les artistes, galeries et institutions culturelles, c’est une source de financement essentielle qui peut transformer des projets ambitieux en réalités.
Dans un monde où l’art cherche sans cesse de nouveaux modèles économiques, ce dispositif apparaît comme un levier gagnant-gagnant : l’entreprise y trouve un avantage fiscal et une valorisation de son image, tandis que la culture bénéficie d’un soutien vital pour continuer à rayonner.