abraham aronovich, the art of whispering: when painting becomes a critical zone
In abraham aronovich, nothing screams.
Who are you, when you're not creating?
Je suis quelqu’un de simple. J’essaie d’être présent aux autres, au quotidien, mais je suis aussi quelqu’un qui observe. Les gestes ordinaires, les silences, les regards qui se dérobent, dans ces moments, je suis en pré création.
Your approach: a cry, a whisper, a silence?
Un murmure. Mais un murmure insistant, qui oblige à se rapprocher. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui ne s’impose pas, mais qui demeure.
A single work: which one says everything about you?
Critical Zone concentre tout ce qui me traverse. C’est un espace de seuil, un moment de bascule où l’intime devient conscient de lui-même. Le miroir n’y renvoie pas une image stable, mais une zone fragile, presque instable, où le regard se cherche. Ce tableau parle de vulnérabilité, de lucidité, et de ce point précis où l’on ne peut plus détourner les yeux.
Why this medium?
La peinture m’oblige à la lenteur, à la décision irréversible. Elle ne permet ni l’effacement total ni la fuite. Elle m’oblige à rester.
Does your work resist you?
Oui, souvent. Quand ça résiste, je n’insiste pas. J’attends que quelque chose cède — parfois en moi, parfois sur la toile.
An obsession, an influence, a dizziness at the moment?
Le regard. Ce moment précis où l’on se voit sans vraiment se reconnaître. C’est un vertige discret, mais profond.
Your workshop: laboratory, refuge, chaos?
Un refuge, avant tout. Un lieu où le monde extérieur s’atténue. Le chaos, s’il existe, est intérieur.
Have you ever doubted your legitimacy?
Oui. Je ne cherche pas à l’effacer. Le doute est un moteur : il empêche la complaisance, il maintient l’exigence.
A work that you have never dared to create?
Peut-être une œuvre encore plus dépouillée, presque vide. J’y pense souvent. Je m’en approche lentement.
What do you want to leave behind, beyond the material?
Une trace de présence. L’idée que quelqu’un, quelque part, s’est arrêté un instant devant lui-même.
Does art still have to shock to exist?
Non. L’art peut aussi troubler en silence. Le choc le plus durable est parfois celui qui n’élève pas la voix.
A bad interpretation of your work: how do you handle it?
Je la laisse vivre. Une œuvre ne m’appartient plus totalement une fois regardée. Le malentendu fait partie du dialogue.
What is your favorite song or music?
Rocket Man d’Elton John parle de solitude, de distance, et de cette sensation d’être à la fois présent et ailleurs. La chanson est douce en surface, mais traversée par une énergie soudaine lorsque le refrain éclate, comme un cri d’identité. Elle accompagne cette idée d’un homme en suspension, conscient de ne pas être celui que les autres imaginent, observant le monde sans toujours y appartenir pleinement.
What is the film that had the most impact on your career as an artist?
Paris, Texas de Wim Wenders. Pour la solitude des corps, les silences, les visages filmés comme des paysages intérieurs. Ce film m’a appris qu’on peut dire énormément sans presque rien montrer.
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