Interview d’Ekaterina Aristova : l’art comme voyage intérieur et quête de l’âme
Ekaterina Aristova est une artiste contemporaine dont la force créative ne cesse de séduire les amateurs d’art et les collectionneurs du monde entier. Présente sur les plus grandes scènes internationales, ses œuvres se sont distinguées jusqu’aux prestigieuses ventes de Christie’s, symbole de reconnaissance et de rayonnement. À travers ses créations, Ekaterina explore l’âme humaine comme matière première, transformant ses réflexions et ses émotions en véritables voyages intérieurs. Son art, à la fois intime et universel, cherche à élargir les frontières de la conscience et à toucher ce qu’il y a de plus profond en chacun de nous. Dans cette interview exclusive, l’artiste se dévoile : elle nous parle de sa vision de l’art, de la liberté absolue qu’elle revendique dans la création, mais aussi de ses inspirations et de ses projets à venir. Une plongée dans l’univers d’une artiste pour qui l’art est une odyssée, un chemin de pensée, d’amour et de rêve.
Qui es-tu, quand tu n’es pas en train de créer ?
Une femme. Une observatrice. Une penseuse. Une voyageuse. Une rêveuse.
Ta démarche : un cri, un murmure, un silence ?
Un silence intérieur.
Une seule œuvre : laquelle dit tout de toi ? Pourquoi ?
Je suis convaincue que chaque œuvre d'un artiste reflète son monde intérieur à un moment ou à un autre. Par conséquent, ce n'est pas une œuvre qui dit tout de l'artiste, mais son parcours créatif dans son ensemble, qui reflète sa personnalité et ses expériences. Lorsque je regarde en arrière sur tout ce que j’ai fait, je vois mon évolution et développement intérieur qui influence le style et les sujets. La tendance à la contemplation et à l'observation m’ont permis de trouver mon propre chemin en passant par l’extérieur vers le plus profond, du visible vers l’invisible et vice versa. De ce point de vue les oeuvres L’Âme et La Montagne rouge sont celles qui parlent le plus fort pas que de moi et ce qui se passe à l’intérieur de moi mais à chacun, à l’humanité.
Pourquoi ce médium ? Qu’est-ce qu’il t’oblige à affronter ?
Je ne suis pas limitée par le médium, la toile, par exemple. J’aime explorer le nouveau dont je suis curieuse. En ce moment c’est de l’argile. Je travaille sur ma première série de céramique en argile vivante pour l’exposition « Odyssée », que je vais présenter cet automne (en septembre) à Paris.
Est-ce que ton œuvre te résiste ? Tu fais quoi quand ça coince ?
Une bonne question. J'en parle dans mon livre (Art inconscient: Manifeste de l'âme, en vente dans la librairie du Musée d’Art Moderne de Paris). Oui, ça arrive et assez souvent. Je laisse aller. Je laisse l’œuvre parler et vivre sa vie.
Une obsession, une influence, un vertige en ce moment ?
L’obsession c’est le début de la fin. Alors, non, je suis sur la route en ce moment. Sur mon Odyssée…
Ton atelier : laboratoire, refuge, chaos ?
Refuge plutôt et laboratoire en même temps. Parfois tous les trois mais j’aime quand même mettre en ordre les choses (de temps en temps). Ça me donne un zen.
As-tu déjà douté de ta légitimité ? Que fais-tu de ce doute ?
Non. Il n’y a pas de légitimité dans l’art. Pas de règles. La liberté absolue.
Une œuvre que tu n’as jamais osé créer ?
J’ose toujours si ça me parle.
Que veux-tu laisser, au-delà de la matière ?
La pensée et l’émotion. L’amour.
L’art doit-il encore choquer pour exister ?
Plutôt élargir les limites de la conscience et toucher quelque chose dans notre âme. Ça peut être choquant parfois quand nous ne sommes pas prêts à l’accepter.
Une mauvaise interprétation de ton travail : tu la portes comment ?
C’est normal. Ca parle à quelqu’un mais autrement, selon son esprit.
Quelle est ta chanson ou musique préférée ? Et pourquoi ?
J'adore la musique. C'est une partie importante de ma vie. Mes goûts sont très variés. Ils varient selon mon humeur et mes objectifs, c'est-à-dire l'ambiance que je souhaite créer. Pour un travail sérieux et profond, je choisis souvent la musique classique (j'adore Rachmaninov, j'ai créé de nombreuses œuvres sur sa musique, mais aussi Bach, Chopin, Mendelssohn… dont j’ai écouté pour la serie Lieder Ohne Vorte (Songs with no words). Ma formation de la musique classique m'aide beaucoup dans mes choix. Mais aussi, pour changer l’esprit ou simplement pour créer une autre ambiance, j'écoute des compositions contemporaines style electro, pop, multi-instrumental.
Quel est le film qui ta le plus marqué dans ta carrière d'artiste ? Dis nous en plus ?
Question très difficile ! Je suis un grand cinéphile. J'ai grandi avec les films russes de Shakhnazarov, Tarkovski... qui m'ont définitivement marqué. Mais aussi dans le contexte de mon art c’est La Piscine (avec Alain Delon, Romy Schneider et Jane Birkin) et 9 semaines 1/2 (avec Kim Basinger et Mickey Rourke). Le premier, surtout la musique de Michel Legrand et la chanson de Sally Stevens (Ask yourself why), influençait l’œuvre « La Piscine » (2020) et les autres de la même période de l’abstraction lyrique. Le deuxième j’adore simplement son ambiance, son rythme et le sens d’humour. Un drame psychologique sur une jeune et séduisante galeriste à New York, sur l'attirance, les peurs et l'élargissement de ses propres limites.
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