Interview exclusive de l’artiste peintre arménien HaTiG : entre mémoire et lumière
Dans le silence doré de son atelier, entre toiles en gestation et éclats de pigments, HaTiG contemple le dialogue qui unit passé et présent. De son vrai nom Tigran Aroutunian, cet artiste peintre d’origine arménienne a d’abord conquis la scène artistique russe avant de s’installer en France, où il poursuit une œuvre habitée par la mémoire, la lumière et le mythe. Son univers pictural, à la croisée du symbolisme et du spirituel, explore les racines d’une identité multiple et la puissance intemporelle de la culture arménienne. Dans cette interview exclusive, HaTiG revient sur son parcours, ses inspirations et sa vision de la peinture comme un acte de transmission. Un échange sincère avec un créateur pour qui l’art devient un langage universel, reliant les civilisations, les émotions et les époques.
Qui es-tu, quand tu n’es pas en train de créer ?
Je suis un passionné de l’histoire.
Ta démarche : un cri, un murmure, un silence ?
Un cri et un silence.
Une seule œuvre : laquelle dit tout de toi ? Pourquoi ?
Ceinture de cérémonie du Royaume d’Ararat La jeune fille elle-même représente l’histoire du peuple arménien. Tenant fermement cette ceinture, représentée sous la forme d’une pierre, elle incarne le rituel du royaume d’Ararat. Sur cette ceinture, on peut voir comment les Arméniens célèbrent, jouent de la musique et savourent le vin. La ceinture relie le monde d’aujourd’hui à l’ancien monde — aux histoires anciennes et nouvelles, si différentes, dont il ne reste que des souvenirs gravés dans la pierre. L’absence de tête symbolise notre histoire volée. Quand on tente de trancher la tête de la vérité, il ne reste qu’un corps sans tête…
Est-ce que ton œuvre te résiste ? Tu fais quoi quand ça coince ?
Je laisse mon oeuvre et mes pensées se reposer, je prends soin de ma famille et je joue avec mon fils.
Une obsession, une influence, un vertige en ce moment ?
Un moment très calme.
Ton atelier : laboratoire, refuge, chaos ?
C’est mon refuge et mon toit !
As-tu déjà douté de ta légitimité ? Que fais-tu de ce doute ?
Jamais.
Une œuvre que tu n’as jamais osé créer ?
Il n'y en a pas !
Que veux-tu laisser, au-delà de la matière ?
Un vaste héritage historique pour que l'on se souvienne de ce qui a été perdu il y a longtemps, mais qui continue de vivre grâce à mes peintures.
L’art doit-il encore choquer pour exister ?
L'art doit être ressenti pour exister.
Une mauvaise interprétation de ton travail : tu la portes comment ?
Chacun est libre de l’interpréter , je ne prends pas mal les interprétations négatives, je me contente d'écouter et de retenir ce qui me permettra de rester encore plus solide.
Quelle est ta chanson ou musique préférée ? Et pourquoi ?
Le jazz, possède une énergie calme et active, mais toujours stable.
Quel est le film qui ta le plus marqué dans ta carrière d'artiste ? Dis nous en plus ?
Tous ces films, basés sur les documentaires de tous les artistes, offrent chacun une raison de vivre, une leçon à tirer, une impulsion qui donne envie de résister et de créer.