Interview Jean Paul Boyer : Le maître du mouvement
Jean-Paul Boyer : quand la sculpture devient mouvement
Qui es-tu, quand tu n’es pas en train de créer ?
"Sculpteur en mode pose, et même , pas toujours en pose."
Ta démarche : un cri, un murmure, un silence ?
"Une profonde nécessité , permanente mais pas obsessionnelle."
Une seule œuvre : laquelle dit tout de toi ? Pourquoi ?
"Je ne sais pas si une ou plusieurs œuvres disent quelque chose de moi , a fortiori "tout". Mais j'aime bien mes dernières , celles qui continuent le chemin qui a commencé il y a 40 ans. J'aime bien de temps en temps me faire un petit flash back pour voir tout ce qui a été fait pour aboutir à ce qui naît en ce moment et à apprécier la cohérence du chemin parcouru. Ceci dit j'aime bien, dans les anciennes "mon Pouce à moi, hommage à César" que je n'ai jamais exposée (encore) .Dans les récentes "Comme je descendais des fleuves impassibles...." clin d'œil à Arthur Rimbaud et les toutes dernières en lames d'acier qui me semblent - pour le moment - l'aboutissement de mon travail...."
Pourquoi ce médium ? Qu’est-ce qu’il t’oblige à affronter ?
"La matière n'est pas un problème: je fais avec elle ce que je peux et ce qu'elle me permet ,et si je ne peux pas la travailler , je vais voir autre chose . je n'aime pas m'affronter quand ce n'est pas nécessaire."
Est-ce que ton œuvre te résiste ? Tu fais quoi quand ça coince ?
"Je laisse le travail accompli dans un coin de l'atelier - et dans un autre coin du cerveau- et il arrive qu'avec le temps je le reprenne ...ou je le laisse à l'abandon."
Une obsession, une influence, un vertige en ce moment ?
"Un petit tracas : avec l'âge qui avance , il reste encore beaucoup à faire ...."
Ton atelier : laboratoire, refuge, chaos ?
"Le labo est dans ma tête, le refuge va avec et je ne me souviens pas d'avoir connu le chaos . L'atelier est le lieu où je me sens le mieux , surtout quand je travaille à la réalisation d'une idée apparue depuis peu. Si cela peut être un refuge , il toujours créatif ,inspirant et positif."
As-tu déjà douté de ta légitimité ? Que fais-tu de ce doute ?
"Je ne me suis pas vraiment posé la question J'ai eu la chance d'être remarqué par Concha Benedito fondatrice de MAC 2000 , et à partir de là rapidement bien vivre de mon travail. Ce que je fais à été acquit par des centaines de personnes, je n'ai rencontré que très rarement des contradicteurs , d'ailleurs pas vraiment au fait de la création en général . Non , je continue mon travail, le suive qui veut. S'il doit disparaître un jour, il disparaîtra . C'est le lot de presque tout."
Une œuvre que tu n’as jamais osé créer ?
"Je ne sais pas s'il y a eu des idées me venant spontanément que je trouve aussitôt impossibles. Pourquoi perdre son temps à ça ?"
Que veux-tu laisser, au-delà de la matière ?
"Au delà de la matière ? Le vide bien sûr ! le vide qui participe entièrement de la sculpture. Ce vide que je modifie en permanence en modifiant les éléments modulables de mes sculptures.Ce vide qui est l'élément essentiel de mes sculptures."
L’art doit-il encore choquer pour exister ?
"Je ne crois pas que ce soit nécessaire, mais que c'est un moyen comme un autre pour dire des choses.A chacun ses moyens."
Une mauvaise interprétation de ton travail : tu la portes comment ?
"Ça me met en rogne:soit la personne est ignorante de ce qui touche à la création et on peut laisser passer (ou essayer d'expliquer le pourquoi), soit la personne est du milieu et elle ne voit pas au delà de ses certitudes, surtout ne cherche pas à savoir , ou à imaginer, à comprendre qu'on peut aller vers d'autres horizons inconnus pour le moment.Il y a des gens qui disent , d'autres qui font. Il y a des explorateurs en chambre et d'autres qui entrouvrent des portes pour voir au-delà et même qui osent s'aventurer de l'autre côté...."
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