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Marie de Saint Germain une traversée surréaliste de l’identité et de l’invisible

Marie de Saint Germain construit une œuvre singulière et intérieure à la frontière du visible et de l’enfoui. Son travail explore l’identité la disparition et la transformation à travers des compositions sensibles et fragmentées. Cette rencontre invite à entrer dans un univers surréaliste où la matière devient langage et où chaque regard est libre de projeter ses propres émotions.

Ta démarche : un cri, un murmure, un silence ?

Mon univers visuel, surréaliste et symbolique, est habité par des figures fragmentées, des regards suspendus et des corps en métamorphose, il interroge l’invisible, l’enfoui, et ce qui persiste au-delà de la faille. Entre apparition et disparition, mes œuvres ouvrent un espace de poésie viscérale, où le visible vacille et où l’intime dialogue avec l’étrange.

Une seule œuvre : laquelle dit tout de toi ? Pourquoi ?

Chacune de mes oeuvres compose un petit univers, un instantané hors du temps, je ne peux pas en choisir une. Toutes mes oeuvres parlent de la fragmentation de l'identité qui vit en nous, qui n'est ni une blessure ni une richesse, mais les deux. C’est une manière d’habiter l’écart, de rendre vivable ce qui ne l’est pas toujours

Pourquoi ce médium ? Qu’est-ce qu’il t’oblige à affronter ?

Le mix média, papier, acrylique, encre, est pour moi un outil de traduction plus qu’une simple technique. Il me permet de toucher l’invisible par le sensible, de superposer des couches qui traduisent la complexité de l’inconscient. Travailler à partir de matériaux recyclés est un choix artistique. Je récupère des papiers considérés comme des déchets, vieux documents, livres abîmés, photographies anciennes, journaux d’époque, et je leur offre une seconde vie comme matière première. Intégrés dans mes œuvres, colorisés à l'acrylique, ces fragments destinés à disparaître reprennent souffle, se transforment et trouvent une nouvelle existence artistique. Le papier, avec ses traces, ses textures, ses fragilités, porte une mémoire tangible. L’acrylique, plus fluide, plus libre, vient dialoguer avec cette matière, parfois l’envelopper, la fissurer, la révéler. Cette combinaison crée un espace où mes émotions peuvent s’incarner, se fissurer, se recomposer. Ce matériau fragmenté et hétérogène reflète parfaitement la nature même de l’inconscient : multiple, non linéaire, parfois chaotique, toujours vivant. Il m’aide à cartographier ce territoire intérieur sans chercher à tout dominer ni à tout expliquer.

Est-ce que ton œuvre te résiste ? Tu fais quoi quand ça coince ?

L’inspiration n’est ni une idée ni un geste, mais une présence fugitive, comme une ombre sur un mur. Elle s’approche, s’éloigne, ne répond à rien, elle est ce souffle qui se libère quand on cesse de vouloir comprendre. Quand elle m'échappe, je pars marcher au bord de l'océan, le bruit du ressac, le vent, libèrent l'esprit.

Une obsession, une influence, un vertige en ce moment ?

Non, pas spécialement. En revanche, des thèmes récurrents et un peu obsessionnels sont présents dans mes œuvres. La disparition de l'être, l'identité, le surnaturel, la métamorphose.

"Aux Origines" - Mixed média, acrylique, encre, papier, ruban adhésif - 50 cm x 70 cm

Ton atelier : laboratoire, refuge, chaos ?

Laboratoire. En désordre, des chutes de papier à terre. Une grande table ancienne, dans la véranda, couverte de livres, de tubes d'acrylique, de scalpels, et de tables à découper. De la lumière , même les jours gris. Du silence, ou de la musique, assez forte, selon l'envie. C'est un endroit où je ne m'interdis rien en terme créatif. J'aime expérimenter les matières, les couleurs, le lavage de papier et la colorisation en masse dans des bassines, qui me permettent ensuite de créer des compositions et des mélanges de textures.

As-tu déjà douté de ta légitimité ? Que fais-tu de ce doute ?

Autodidacte, j'ai commencé à créer il y a trois ans. Oui, je ne me considère pas comme légitime en tant qu'artiste. Ce sentiment n'est plus négatif en moi, il est là, je l'ai apprivoisé, il fait partie de moi, je le côtoie comme un ami intime.

Une œuvre que tu n’as jamais osé créer ?

Pas à ce jour, mais le doute est toujours présent lors de la création. Il existe des dizaines de versions différentes de mes créations, je les prends en photo, elles sont le témoin que la création peut être un acte douloureux, mais aussi un moment de grâce.

Que veux-tu laisser, au-delà de la matière ?

La matière, seulement la matière. En tant que personne, je ne suis rien , sans importance. L'univers surréaliste, le mien, voilà ce qui est important. Que ceux qui le souhaitent , y entrent et ressentent des émotions, y retrouvent une part d'eux même, là. Voilà ce que je souhaite laisser.

L’art doit-il encore choquer pour exister ?

L'art est parfois dérangeant, il bouscule, il interroge. Il peut être aussi porteur d'un " message" qui ne correspond pas aux valeurs de celui qui regarde. En cela il peut choquer le spectateur, c'est là où la subjectivité entre en jeu.

"Echo" - Mixed média, acrylique, encre, papier - 50 cm x 70 cm

Une mauvaise interprétation de ton travail : tu la portes comment ?

J'ouvre des espaces de liberté, où chacun interprète à sa façon, avec ses emotions, son ressenti, une vision symbolique et surréaliste, que je propose. Il n'y a pas de mauvaise interprétation de mon travail.

Quelle est ta chanson ou musique préférée ? Et pourquoi ?

David Bowie m'accompagne depuis mes quinze ans. Un artiste aux multiples facettes. Compositeur, écrivain , peintre, acteur. Le timbre de sa voix , fut un éblouissement pour moi. Son anti conformisme artistique, une révélation. Une chanson de lui.... Difficile , il y en a tellement que j'aime. Alors deux , " Lady Grinning Soul" et "Moonage Daydream".

Quel est le film qui ta le plus marqué dans ta carrière d'artiste ? Dis nous en plus ?

Barry Lindon. Le travail extraordinaire de composition d'époque de ce film, décors, lumière naturelle aux bougies, photographie, en fait un chef d'oeuvre dont je ne me lasse pas.

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